Bouygues Immobilier publie un livre blanc sur le rafraîchissement des villes et appelle à repenser le confort d’été face au dérèglement climatique.
04/06/2026
Bouygues Immobilier publie un livre blanc consacré au rafraîchissement des villes et des logements, nourri par une étude exclusive réalisée avec Ipsos BVA auprès de 1 000 Français et par les contributions d’une vingtaine de scientifiques, élus, experts et acteurs de terrain engagés sur les enjeux d’adaptation climatique, parmi lesquels Jean Jouzel, ancien membre du GIEC, Emmanuelle Cosse, Présidente de l’Union sociale pour l’habitat, ancienne ministre du Logement et de l’Habitat durable, les maires d’ Angers, Laval, Toulouse et Lyon, ainsi que plusieurs experts de Météo-France. Cette publication vise à ouvrir une réflexion de fond sur l’habitabilité des territoires et propose des pistes concrètes pour adapter durablement la ville et les logements.
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En France, les épisodes caniculaires pourraient être jusqu'à cinq fois plus fréquents d'ici 2050. Ce livre blanc en dresse un état des lieux étayé : surchauffe des villes, phénomène d'îlot de chaleur urbain, impacts sur le cadre de vie et le ressenti des habitants. Il met en lumière une réalité trop souvent occultée : l'inconfort thermique est un marqueur d'inégalité. Les populations plus précaires, concentrées dans des quartiers denses et minéralisés, disposent de moins d'espaces verts et subissent de plein fouet des températures que les autres peuvent fuir ou atténuer. Les personnes âgées isolées paient un tribut plus lourd encore : l'isolement social multiplie par 2,3 leur risque de décès lors d'un coup de chaleur.
Face à cette réalité, une conviction s'impose : le confort thermique urbain ne se résoudra pas par une réponse unique. Il appelle une approche globale, pensée à l'échelle du quartier, du bâtiment et de la rue, ancrée dans les réalités des territoires et des usages. L'ambition de ce livre blanc : dépasser les débats simplistes « pour ou contre la climatisation » pour dresser un état des lieux rigoureux et tracer des voies d'action concrètes.
Des vagues de chaleur désormais bien identifiées et largement vécues.
Les vagues de chaleur s’installent durablement dans le quotidien des Français. Selon l’étude conduite par Bouygues Immobilier avec Ipsos BVA, 87 % des répondants ont entendu parlé du phénomène, et 90 % estiment qu’il devient à la fois plus fréquent et plus intense, en particulier en ville.
Cette perception repose sur une expérience concrète puisque 80 % des Français déclarent ressentir un inconfort lié à la chaleur au moins une fois par an avec des effets récurrents tels que des troubles du sommeil, de la fatigue ou une sensation de chaleur persistante.
Dans ce contexte, deux Français sur trois se disent préoccupés, pour eux-mêmes comme pour leurs proches, et une majorité anticipe une aggravation de la situation dans les années à venir. Le logement apparaît dès lors comme un levier central d’adaptation, mais aussi comme un point de fragilité. Plus de 36 % des Français estiment qu’il ne les protège pas efficacement de la chaleur. Une préoccupation qui influence désormais les choix résidentiels, 57 % considérant la capacité d’un logement à faire face aux fortes chaleurs comme un critère important et 22% qui envisagent de déménager pour trouver un habitat plus adapté.
Des réponses encore largement individuelles face à une attente croissante de solutions durables.
Face aux épisodes de fortes chaleurs, les Français ont déjà adapté leurs comportements, mais principalement à travers des solutions simples et immédiates. Fermer les volets en journée, aérer la nuit ou créer des courants d’air font désormais partie des réflexes les plus répandus.
Dans les faits, les aménagements plus structurels restent limités : seuls 22 % des Français déclarent avoir installé une climatisation et 13 % réalisé des travaux d’isolation. Dans ces conditions, le logement ne constitue pas toujours un refuge suffisant face à la chaleur. Une part significative des habitants indique se tourner vers d’autres lieux pour trouver de la fraîcheur : 27 % privilégient des lieux de baignade ou des commerces et espaces publics climatisés, tandis que 20 % se tournent vers les parcs et espaces verts.
Dans ce contexte, la perception des solutions disponibles reste ambivalente. Si la climatisation est identifiée comme la réponse la plus efficace pour faire face à la chaleur (84 % des Français la jugent performante) elle suscite néanmoins des réserves importantes, 78 % considérant qu’elle n’est pas respectueuse de l’environnement.
À l’inverse, les solutions dites passives ou naturelles bénéficient d’un niveau d’adhésion élevé. La végétalisation, en particulier, est largement reconnue comme un levier efficace pour limiter la température, 95 % des Français en ayant connaissance. Les attentes exprimées à l’égard des collectivités vont d’ailleurs dans ce sens. Le développement des espaces verts arrive largement en tête (60 %), suivi par la création de points d’eau (30 %) et l’adaptation des bâtiments publics (27 %).
Une approche globale du rafraîchissement à construire.
Afin d’adresser cette problématique, Bouygues Immobilier défend une approche globale du rafraîchissement, fondée sur la combinaison de solutions principalement passives, urbaines et architecturales. Concrètement, cette approche suppose de :
Concilier atténuation et adaptation, en poursuivant les efforts de décarbonation tout en préparant dès aujourd’hui les bâtiments et les quartiers à des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses ;
Faire du confort d’été un nouveau standard, en se fixant des objectifs plus ambitieux que la réglementation pour anticiper durablement les effets du réchauffement climatique ;
Affiner le diagnostic de vulnérabilité des bâtiments, en prenant davantage en compte les réalités locales, les caractéristiques du bâti et les phénomènes d’îlots de chaleur urbains ;
Redonner toute sa place à la nature en ville, en faisant du végétal et de l’eau de véritables infrastructures de rafraîchissement au service du bien-être et de la qualité de vie ;
Se saisir de l’enjeu de la transformation de la ville comme l’opportunité d’intégrer des solutions passives et bioclimatiques (occultations, revêtements albédo, taux de vitrage), ou actives (brasseurs d’air, pompes à chaleur réversibles, climatisation…), dès la conception ;
Accélérer l’innovation et les coopérations, afin de rendre les solutions de rafraîchissement plus efficaces, accessibles et adaptées aux réalités des territoires ;
Faire des habitants des acteurs de la résilience, en accompagnant l’évolution des usages, des comportements et des solidarités face aux fortes chaleurs.
« Nous devons collectivement changer de regard sur le confort d’été. La question n’est plus seulement de savoir comment rafraîchir les bâtiments lors des vagues de chaleur, mais comment concevoir des villes et des logements capables de rester durablement habitables dans un contexte climatique qui évolue rapidement. Cela suppose d’intégrer beaucoup plus largement les enjeux d’adaptation dans notre manière de construire, en s’appuyant à la fois sur l’architecture bioclimatique, le végétal, l’eau, l’innovation et les usages. » - Emmanuel Desmaizières, Directeur général de Bouygues Immobilier.